« Pourquoi remettre au lendemain ce que l’on peut remettre au surlendemain ? » s’interrogeait Mark Twain. Il y a un domaine dans lequel cette formule est particulièrement percutante : le changement de job.

J’ai longtemps fait partie de l’Amicale des Procrastinateurs du Changement de Job. Vous savez, ces personnes qui, chaque matin, se répètent que demain sera vraiment le bon moment pour changer de boulot. Résultat, avant de rejoindre Colonies il y a deux ans, je suis resté douze ans dans mon fauteuil précédent, dans un grand groupe de l’immobilier.

Cela fait pourtant 30 ans que le LOTO nous le rappelle.

Depuis, de nombreux anciens camarades de l’Amicale me questionnent sur ce qui leur permettrait à leur tour de sauter le pas. Je leur partage 3 éléments d’appréciation.

Les opportunités ne ressemblent pas toujours à l’idée que l’on s’en fait.

Vous connaissez peut-être cette histoire :

« Un curé qui se promène dans la nature est pris dans les sables mouvants. Alors qu'il s'enfonce jusqu'aux chevilles, un camion de pompiers passe par là.

  • Vous avez besoin d'aide ?
  • Ce n'est pas nécessaire, le Seigneur me viendra en aide !

Alors que le curé s'enfonce jusqu'à la ceinture , le camion repasse et les pompiers lui reposent la question.

  • Vous avez besoin d'aide ?
  • Ce n'est pas nécessaire, le Seigneur me viendra en aide !

Lorsque le curé n'a plus que la tête hors du sable, les pompiers passent une troisième fois.

  • Vous n'avez toujours pas besoin d'aide ?
  • Ce n'est pas nécessaire, le Seigneur me viendra en aide.

Alors le curé s'enfonce complètement et lorsqu'il arrive au paradis, il dit au Seigneur :

  • Je suis vraiment déçu, je pensais vraiment que vous me viendriez en aide !

Et le Seigneur lui répond :

  • Je t'ai envoyé 3 fois les pompiers, je ne vois pas ce que je peux faire de plus ! »

Par naïveté ou excès de certitudes, nous manquons souvent de discernement. L’image que nous nous faisons de l’ « Opportunité » que nous attendons nous empêche souvent de comprendre qu’elle peut-être protéiforme.

L’opportunité de rejoindre Colonies ressemblait plutôt à un coup de téléphone en numéro inconnu dans un train bondé :

« Julien ? c’est François Roth. J’ai eu ton numéro par (…). Écoute avec deux amis on a créé une boite qui s’appelle Colonies, on fait du coliving. Tu sais ce que c’est ? Non ? On cherche quelqu’un pour s’occuper du développement et faire un peu de tout. Soyons clairs, on a pas besoin d’un 4e fondateur, et on aura pas les moyens de te payer ton salaire. On est à Station F, à l’opposé de chez toi. Ca te dit ? Je te laisse, faut que je pose la terrasse de notre première résidence ».

Pas vraiment le chant des sirènes. Mais, c’est peut-être finalement là où tout s’est joué : tellement loin de ce que je m’étais imaginé, que cela en devenait excitant.

Rapidement, j’étais bien décidé à ne pas laisser passer une nouvelle fois cette opportunité.

Les opportunités ne ressemblent pas toujours à l'idée que l’on s'en fait.

Car, la réalité est aussi là : le train des opportunités passe toujours très vite, et souvent sur le quai d’en face.

Certains vendeurs ont beau nous répéter l’inverse, le problème des opportunités, c’est qu’elles ne sont pas uniques. Et du coup s’installe l’idée que demain il y en aura peut-être une encore meilleure. Mais nous non plus nous ne sommes pas uniques - si nous ne saisissons pas l’opportunité qui se présente, un(e) autre le fera à notre place.

Pire, il y a toujours un hic dans une opportunité. Le piège est alors de se concentrer sur les fragilités. Quelque part, c’est déjà décider que l’on ne la saisira pas.

Au contraire, il faut réussir à lire en filigrane ce que ces fragilités racontent sur le territoire à conquérir. Il faut donc s’efforcer d’identifier les sous-jacents de l’opportunité. Quand j’ai décidé de rejoindre Colonies, je me suis posé 3 questions :

1 - ce projet est-il aligné avec ma vision des choses et mes valeurs ?

2 - quel est le momentum de cette entreprise et quel rôle est-ce que je peux jouer dans cette histoire ?

3 - comment fait-on pour aller à Station F depuis Puteaux ?

Le train est arrivé sur le mauvais quai, mais il mène là où je veux aller. Ce coup-ci je n’ai pas attendu qu’il change de quai.

Quand tu demandes à la RATP comment aller de Puteaux à Station F.

Passer de l’opportunité au succès, c’est du travail.

Au final, une opportunité n’est que la promesse d’une histoire. Transformer cette opportunité en succès, c’est un processus, souvent long et difficile. Il faut en avoir conscience car l’opportunité saisie peut rapidement ressembler à une erreur !

Au quotidien, nous travaillons dur chez Colonies pour défricher, au milieu d’une forêt d’obstacles réglementaires (beaucoup), économiques (souvent), techniques (parfois), etc. Quand nous nous sommes posés pour réfléchir aux qualités que nous recherchions en priorité pour nos futures recrues, nous n’avons pas mis longtemps à nous accorder : courage et persévérance.

Alors pourquoi est-ce que je vous parle de tout ça ? Parce que je crois qu’à travers la mission  de Colonies - améliorer l’expérience de logement dans les grandes villes – nous ne visons qu’une chose :  vous aider à saisir les opportunité que la vie vous offrira.  Et demain, vous viendrez nous raconter vos histoires à vous. On n’attend que ça.

« Changer le monde, changer le monde vous êtes bien sympathiques mais faudrait déjà vous lever le matin.Je sais pas si vous êtes au courant mais le monde, il vous attend pas, le monde il bouge et il bouge vite ! » - Hubert Bonisseur de La Bath

Julien Patissier, directeur du développement

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Colonies